Libération de Saint Loup

Publié le par webmaster

La libération de Saint Loup sur Semouse racontée par M Peltier

16 SEPTEMBRE 1944 .Le canon, puis la mitraille se font entendre en direction de Conflans. Le gros des troupes a évacué Saint Loup précipitamment dans la nuit, jetant dans la Sémouse, le matériel trop encombrant. L’arrière garde, harassée, dépenaillée, cherche à retarder l’avance alliée, abattant les arbres en travers des routes, livrant des combats de retardement. Un groupe se met en position à l’extrémité de l’Avenue de Bains, à droite du pont de Magnoncourt, à l'entrée de la pâture Vautrin . Vers 16 Heures, deux "Jeep" américaines arrivent silencieusement, s'arrêtent, l’une à la hauteur de la maison Bouchard, l’autre devant la maison Sainty. Les occupant prennent rapidement position dans les fossés de la route, avec leurs fusils mitrailleurs. Et pendant deux heures et demie, la fusillade crépite de part et d’autre, balayant la plaine devant et derrière les maisons. Les habitants sont réfugiés dans le fossé situé le long de la rivière. Le calme revient, les Allemands ont décroché en direction de Magnoncourt, Saint Loup est libéré.

Le lendemain toute la population est en liesse, mais que d’ombres assombrissent la joie populaire ! On a découvert, le 16 septembre les corps de deux résistants REBOURCET Gaston de Saint Loup et ROBERT Marcel de Bouligney, fusillés et enterrés sommairement au fond du parc de la Familiale où une plaque a été déposée depuis. Le 18, on ramène trois autres corps de F.F.I.. (Forces Françaises de l’Intérieur) trouvés aux Censeaux, à proximité du café situé au croisement des routes de Bains, du Clerjus et de La Chaudeau. C'étaient ceux de NAIDET René de Saint Loup, VALDENAIRE Bernard de Remiremont, SEDELMANN Roger alsacien. Les malheureux, gardés prisonniers dans le café précité, avaient cherché à fuir pendant la nuit. Rattrapés par leurs gardiens, ils ont été fusillés derrière le café, au bord d’un ruisseau, en contre bas d’un pré, le long duquel s’élève actuellement une pierre commémorative. Leurs corps étaient demeurés sur place (la relation de ces événements nous a été faite par le propriétaire du café)

D’autre part, deux enfants CHIAVAZZA René, 8 ans et JAMEY Roger, 5 ans ayant trouvé dans la Sémouse une grenade jetée par les Allemands en retraite, la retirèrent, la posèrent sur le mur du quai en face du salon de coiffure Boschiéro, frappèrent dessus avec une pierre ! . . . Les deux innocents furent enterrés le même jour. Peu de temps après, un enfant réfugié de la région parisienne dans une famille d'Augrogne, commit la même imprudence et connut le même sort. Douze Lupéens, militaires, étaient tombés au combat, tant en 1940 qu'en 1944.

(Crédits Photos C Rebourcet)

Publié dans En ville

Commenter cet article